Titre du cours
La surreprésentation des personnes autochtones dans le milieu correctionnel est un fait bien documenté depuis les années 1960. En particulier, une certaine attention est vouée à la contribution potentielle de l’évaluation structurée du risque et des besoins dans cette problématique. Par exemple, le rapport de la Commission d’enquête sur les relations entre les Autochtones certains services publics (CERP ; Viens, 2019) stipule que les instruments actuariels d’évaluation présentent des biais discriminatoires envers les personnes inuit ou membres des Premières Nations (p. 359). Il semblerait effectivement que les différents instruments d’évaluation auraient une capacité prédictive moins bonne auprès de contrevenants issus de communautés autochtones et d’autres groupes ethnoculturels. Beaucoup de chercheur.se.s (p. ex. Day et al., 2018; Eckhouse et al., 2019; Goddard & Myers, 2017; Hannah-Moffat & Maurutto, 2003 ; Shepherd & Lewis-Fernandez, 2016 ; Weiss & Rosenfeld, 2012) mentionnent d’un point de vue théorique et critique la possibilité que les instruments actuariels demeurent sensibles tant à des biais psychométriques qui découlent du processus de recherche qu’à des biais liés aux cognitions et perceptions des évaluateurs et évaluatrices. La présente formation vise donc à apporter des connaissances supplémentaires aux clinicien.ne.s et aux chercheur.se.s concernant l’influence des biais cognitifs dans l’évaluation et l’accompagnement des personnes judiciarisées appartenant à des groupes ethnoculturels non blancs, mais également dans les pratiques de recherche qui sous-tendent le développement de la pratique clinique. La formation fera d’abord état des enjeux liés à la sur-représentation des personnes autochtones et au rôle de l’évaluation des personnes dans cette dynamique. Ensuite, l’influence potentielle des biais cognitifs dans l’évaluation et l’accompagnement ainsi que dans la recherche sera présentée, avec une attention particulière aux conséquences qui y sont associées. Finalement, des techniques concrètes pour mitiger l’influence des biais cognitifs dans la pratique professionnelle des clinicien.ne.s et des chercheur.se.s seront présentées.
Objectifs du cours
- Sensibiliser les professionnel.le.s aux conséquences associées à l’influence des biais cognitifs dans les pratiques d’évaluation, d’accompagnement et de recherche;
- Encourager les participant.e.s à développer une compréhension réaliste de la façon dont leurs biais peuvent influencer leur pratique professionnelle;
- Acquérir des compétences concrètes pour mitiger l’influence des biais cognitifs dans la pratique professionnelle.
Clientèle visée
La formations s’adresse aux cliniciens et cliniciennes œuvrant en évaluation et en accompagnement des personnes judiciarisées ainsi qu’aux chercheurs et chercheuses du centre de recherche.
Formateur.trice.s

Léanne Dauphinais
Léanne Dauphinais, B. Sc., est chargée de cours à l’Université de Montréal et étudiante à la maîtrise en criminologie. Elle enseigne les méthodes de recherche quantitatives en criminologie à la Faculté d’Éducation Permanente de l’Université de Montréal. Ses travaux de recherche portent sur les discriminations au sein du système de justice, avec une attention particulière portée à l’influence des biais cognitifs en contexte d’évaluation multiculturelle du risque et des besoins. Ses études doctorales porteront sur l’élaboration de principes directeurs, basés sur les données probantes, afin d’accompagner les profesionnel.le.s du système de justice à évaluer et accompagner de manière culturellement sécurisante les personnes appartenant à des groupes ethnoculturels différents d’eux et elles.